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BIBLIOGRAPHIE

ET DE
GRAMMAIRE ET DE LITTÉRATURE.

OUVRAGES DE GRAMMAIRE

Publications de la quinzaine :

Les Campagnes d'un roué; par Amédée Achard. [n-18 jésus, 317 p. Paris, lib. Calmann Lévy. 1 fr. 25.

Les grands épisodes de la monarchie constitutionnelle. Le procès des ministres (1830), d'après les pièces officielles et des documents inédits; par Ernest Daudet. In-8°, xiv-321 p. Paris, lib. Quantin. 5 fr.

Voyages et chasses; par Jules Gérard, le tueur de lions. Nouvelle édition. In-18 jésus, 322 p. Paris lib. Calmann Lévy. 1 fr. 25.

La Satire en France au moyen âge; par C. Lenient, professeur de poésie française à la faculté des lettres de Paris. Nouvelle édition, revue et corrigée. In-18 jésus, XVI-435 p. Paris, lib. Hachette et Cie. 3 fr. 50 cent.

Les Pyrénées. Romancero; par Napoléon Peyrat. In-18 jésus, xvi-270 p. Paris, lib. Grassart.

Un scandale parisien; par Léopold Stapleaux. In-18 jésus, 382 p. Paris, lib. Dentu. 3 fr.

Œuvres complètes. Dernières pages; par George Sand. In-18 jésus, 290 p. Paris, Librairie nouvelle. 3 fr. 50. Flamberge; par Paul Saunière. II. La Dame au collier. In-18 jésus, 371 p. Paris, lib. Dentu. 3 fr.

Œuvres complètes d'Alfred de Musset. Edition ornée de 28 gravures d'après les dessins de Bida, d'un portrait gravé par Flameng d'après l'original de M. Landelle, et accompagnée d'une notice sur Afred de Musset par son frère. 10 vol. in-8°, vi-3947 p. lib. Charpentier.

1

Dictionnaire usuel de la langue française, comprenant les mots admis par l'Académie, les mots nouveaux dont l'emploi est suffisamment autorisé, les archaïsmes utiles à connaître pour l'intelligence des auteurs classiques; l'histoire, la mythologie et la géographie; par MM. Bescherelle aîné et A. Bourguignon. In-18 jésus à 2 col., VII-1271 p. Paris, lib. Garnier frères.

Les Demoiselles Tourangeau; par Champfleury. Nouvelle édition. In-18 jésus, 11-314 p. Paris, lib. Nouvelle. 1 fr. 25.

Etude historique sur le XIIe siècle. Barthélemy de Vyr, évêque de Laon; par M. A. de Florival, juge au tribunal de Laon. In-8°, x-407 p. Paris. lib. Didron.

Grammaire littéraire, ou Explications suivies d'exercices sur les phrases, les allusions, les pensées heureuses empruntées à nos meilleurs écrivains et qui font aujourd'hui partie du domaine public de notre littérature, à laquelle elles servent en quelque sorte de condiment; par Pierre Larousse. Guide du maître. In-12, 336 p. Paris, lib. Aug. Boyer et Cie. 3 fr.

Les Deux berceaux; par Emile Richebourg. I. La Fille de l'Aveugle. II. La tache rouge. 2 vol. in-18 jésus, 388 p. Paris, lib. Dentu. 6 fr.

Les Bonnes gens; par Mme Marie-Félicie Testas. In-18 jésus, 256 p. Paris, lib. Blériot.

Publications antérieures:

LE LONG DE LA VIE (NOUVELLES IMPRESSIONS D'UNE FEMME). Pensées, portraits, études. Par Mme BLANCHELibrairie académique Didier, 35, quai des Augustins. Prix 3 fr.

COTTE.

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MOLIÈRE JUGÉ PAR SES CONTEMPORAINS. Conversation dans une ruelle de Paris sur Molière défunt, par Donneau de Visé (1673). — L'Ombre de Molière, par Marcoureau de Brécourt (1674). Vie de Molière en abrégé, par La Grange (1682). - M. de Molière, par Adrien Baillet (1686). — Poquelin de Molière, par Charles Perrault (1696), etc. — Avec une Notice par P. Malassis, et un fac-simile des armoiries de Molière. Paris, Isidore Liseur, éditeur, 2, rue Bonaparte. Prix: 4 fr.

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De treize chromolithographies par Compère, Daumont, Parlon et Werner et de quatre cents gravures sur bois.

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Paris, librairie de Firmin Didot et Cie, imprimeurs de l'Institut de France, 56, rue Jacob.

CONCOURS LITTÉRAIRES.

SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DES SCIENCES, ARTS, BELLES-Lettres de SAINT-QUENTIN.

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Sujets mis au concours pour l'année 1878. Poésie le sujet est laissé au choix des concurrents. Littérature étude sur le roman réaliste, en France. Les manuscrits des concurrents doivent parvenir, francs de port, au Président ou au Secrétaire-Archiviste de la Société, avant le 1er mars 1878. Les Mémoires, ainsi que les pièces de vers, doivent être inédits et porter une épigraphe. Cette épigraphe sera répétée sur l'enveloppe d'un billet cacheté qui contiendra le nom et l'adresse de l'auteur. Les prix consisteront en médailles d'or et seront décernés en séance publique. Les pièces ou mémoires couronnés seront publiés en totalité ou en partie dans les annales de la Société. Les manuscrits ne seront pas rendus, mais les auteurs pourront, avec l'autorisation de la Société, en faire prendre copie à leurs frais.

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Le dix-neuvième Concours poétique, ouvert à Bordeaux le 15 août, sera clos le 1er décembre 1877. Seize médailles, or, argent, bronze, seront décernées. - Demander le Programme, qui est envoyé franco, à M. EVARISTE Carrance, Président du Comité, 7, rue Cornu, à Bordeaux (Gironde). Affranchir.

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SOCIÉTÉ DES SCIENCES, DES ARTS ET DES LETTRES DE HAINAUT. Concours de 1877. Littérature: 1o Une pièce de vers sur un sujet puisé dans l'histoire de Belgique; 2o Une pièce de vers dont le sujet est au choix de l'auteur; 3o Une nouvelle en prose. Le prix pour chacun de ces sujets est une médaille d'or. Les Mémoires doivent être remis franco, avant le 31 décembre 1877, chez M. le Président de la Société, rue des Compagnons, no 21, à Mons. Les concurrents ne signent pas leurs ouvrages : ils y mettent une devise qu'ils répètent sur un billet cacheté renfermant leur nom et leur adresse. La Société devient propriétaire des manuscrits qui lui sont adressés; mais les auteurs peuvent en prendre des copies à leurs frais.

VILLE DE LA ROCHELLE.

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SOCIÉTÉ DES FÊTES DE CHARITÉ. La Société des Fêtes de Charité met au Concours : deux pièces de théâtre, dont les sujets devront être empruntés à l'histoire de la Rochelle. La première de ces pièces (3 actes au moins), devra être écrite en prose. Prix du Concours : une médaille d'or de la valeur de 100 francs. La seconde pièce (lever de rideau) pourra être écrite en vers ou en prose, au choix de l'auteur. Prix du Concours : une médaille d'argent. Les pièces primées seront jouées sur le théâtre de la ville de la Rochelle. De plus, la Société se réserve de les faire représenter sur ce théâtre autant de fois qu'elle le voudra, sans avoir à payer de droits d'auteurs. Le Concours sera clos le 30 Novembre 1877. — Chaque envoi devra être accompagné d'une devise reproduite à l'intérieur d'un billet cacheté renfermant le nom et l'adresse de l'auteur, et devra être adressé à M. E. Callot, Président de la Société.

Avis aux Étrangers qui viennent à Paris avec l'intention de se perfectionner dans la langue française.

Tous les jours, les dimanches et les fêtes exceptés, le Rédacteur du Courrier de Vaugelas indique aux Etrangers qui lui font l'honneur de venir le consulter de très-respectables FAMILLES PARISIENNES qui prennent chez elles des pensionnaires pour les perfectionner, sous sa direction, dans l'étude théorique et pratique de la langue française.

(Ces renseignements sont donnés gratis.)

M. Eman Martin, Rédacteur du COURRIER DE VAUGELAS, est visible à son bureau de midi à deux heures. Imprimerie GOUVERNEUR, G. DAUPELEY à Nogent-le-Rotrou.

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(Dans sa séance du 12 janvier 1875, l'Académie française a décerné le prix Lambert à cette publication.)

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A partir du 1er janvier prochain, le rédacteur du COURRIER DE VAUGELAS fera présenter sa quittance, avec une augmentation de 75 centimes pour frais de recouvrement, à ceux d'entre ses abonnés de province qui, à cette époque, ne lui auront pas encore adressé le montant de leur souscription à la 8o année.

SOMMAIRE.

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Communication sur des fautes laissées dans une phrase a corriger; Renseignements sur les mots Poge et Ource, Hource; L'expression proverbiale Faire un trou à la lune; Ce n'est pas I qui est ellipsé dans S'il; || Depuis quand Septante, Octante et Nonante ont cessé d'être en usage; Lequel vaut le mieux de Sourd et muet ou de Sourd-muet. | Passe-temps grammatical. Suite de la biographie de Régnier Desmarais. || Ouvrages de grammaire et de littérature. | Concours littéraires. || Renseignements offerts aux étrangers.

FRANCE

COMMUNICATION.

J'ai reçu la lettre suivante au sujet de la correction d'une phrase donnée par moi comme fautive : Paris, le 25 juillet 1877

Monsieur, Parmi les phrases données à corriger dans le numéro du premier de ce mois du Courrier de Vaugelas, figurait sous le n° 7 la suivante :

« Une lettre du ministre de la marine arrivée au Havre, a ordonné qu'une enquête soit ouverte, au bureau de la marine, pour entendre les officiers et l'équipage. »

Votre correction dans le numéro suivant s'est bornée à effacer l'accent mis sur le mot Hávre. Mais la phrase en question ne renferme-t-elle pas une autre ou même deux autres fautes?

La règle voulait, ce me semble, qu'après le passé a ordonné vint l'imparfait du subjonctif füt et non le présent soit. Admettez-vous que cette règle n'était pas applicable, par le motif qu'il s'agirait d'une enquête qui n'était pas encore ouverte au moment où l'on parlait de la lettre qui l'a ordonnée. Je me rangerais tout à fait à cette opinion

ABONNEMENTS:

Se prennent pour une année entière et partent tous de la même époque. S'adresser soit au Rédacteur soit à un libraire quelconque.

s'il était manifestement établi par la phrase elle-même qu'il ne peut s'agir que d'une enquête restant à ouvrir; mais rien n'étant précisé dans ce sens, et le mot soit suivant de tout près les mots a ordonné, le remplacement de ce présent par l'imparfait était, si je ne me trompe, rigoureusement commandé.

Et puis est-il légitime de dire qu'une enquête soit ouverte... pour entendre...? Bien, s'il s'agissait d'une commission à nommer, d'un conseil à convoquer, parce que c'est cette commission, ce conseil qui entendrait; mais il n'en est pas de même pour l'enquête. Ne fallait-il pas dire : pour faire entendre, ou mieux pour qu'on entende (on entendit)?

Voilà deux questions qui me paraissent mériter d'être examinées, et je crois que si la phrase que vous avez transcrite peut être approuvée en ce qui la concerne, il importe que vos lecteurs n'aient pas à le conclure seulement de votre silence, et reçoivent connaissance, dans un de vos numéros prochains, des motifs de votre approbation.

Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma considération très-distinguée.

Un de vos lecteurs.

Sur le premier point, l'auteur de la communication précédente est dans le vrai; car soit ouverte peut se remplacer par le conditionnel :

... on a ordonné qu'une enquête serait ouverte, ce qui implique l'imparfait dans le cas où l'on maintient le mode subjonctif après le verbe ordonner.

Mais sur le second, il est dans l'erreur. En effet, quand un verbe vient après l'une des conjonctions pour que, parce que, sans que, avant que, etc., il est loisible, dans les deux cas suivants, de le mettre à l'infinitif, mode plus court que les autres :

1° Lorsqu'il a pour sujet un pronom se rapportant au sujet ou au régime de la proposition précédente :

Le désavouez-vous [un billet] pour n'avoir pas [parce qu'il n'a pas] de seing?

(Molière, Misant., IV, 3.) On n'est pas criminel toujours pour le paraitre [parce qu'on le paraît].

(Th. Corneille, Essex, II, 2.) Que l'on cherche partout mes tablettes perdues; Mais que, sans les ouvrir [sans qu'on les ouvre], elles me [soient rendues.

(Quinault, Mort de Cyrus, acte I, se. 5.)

66

Le blaireau a les jambes trop courtes pour pouvoir [pour qu'il puisse] bien courir.

(Buffon, Hist. nal.)

Or, les Italiens ont désigné le premier cordage par orza, qui, par extension, a signifié le côté gauche du

La condition m'est trop avantageuse pour la refuser [pour navire, autrement dit bâbord, et le second par poggia, que je la refuse].

(Bourdaloue, Pensées, t. II, p. 80.)

2o Lorsque le verbe qui suit la conjonction a pour sujet on, et qu'il est précédé de mots ne se rapportant qu'à des choses, comme dans ces exemples, qui, sauf le dernier, sont cités par la Grammaire nationale de Bescherelle, p. 662:

Toutes les conventions se passaient avec solennité pour les rendre [pour qu'on les rendît] plus inviolables. (J. J. Rousseau.)

Tout, sans faire [sans qu'on fasse] d'apprêt, se prépare aisément. (Boileau.)

Pour éviter pour qu'on évitât] les surprises, les affaires étaient traitées par écrit dans cette assemblée.

(Bossuet.)

qui, par suite d'extension également, a signifié le côté droit, autrement dit tribord.

D'où il suit que les vers de Dante que vous me citez peuvent se traduire littéralement ainsi :

Et il frappa le char de toute sa force, et le char plia comme un navire en péril, battu par les ondes, tantôt sur le flanc droit, tantôt sur le flanc gauche (tantôt à tribord, tantôt à bâbord).

Les deux termes d'ancien italien orza et poggia furent traduits en français, le premier par orse et le second par poge.

Mais au XVIIIe siècle, l'usage de nommer orse le côté du vent (le lof) ayant prévalu, la poge perdit son nom et devint l'orse de droite, circonstance qui, en reléguant

Les moments sont trop chers pour les perdre [pour qu'on poge parmi les termes archaïques, a empêché qu'il ne les perde en paroles.

(Racine.)

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Trois semaines, milord! ah! c'est fait] pour en mourir [pour qu'on en meure). (Boissy, Époux par superch., II, 12.)

Or, la phrase soumise de nouveau à mon examen appartient à la seconde catégorie de celles où il est permis d'employer l'infinitif après la conjonction réduite en préposition, car elle peut parfaitement se tourner de la manière que voici :

Une lettre du ministre de la marine, arrivée au Havre, a ordonné qu'une enquête fût ouverte, au bureau de la marine, pour qu'on entendit les officiers et l'équipage.

Par conséquent, j'estime que cette phrase est d'une construction tout à fait irréprochable.

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Le grand dictionnaire de Barberi donne POGE et OURCE, HOURCE pour traduction des mots POGGIA et ORZA, qui se trouvent dans ces vers de Dante : (PURGATOIRE, ch. 32, tercet 39): « E ferio il carro di tutta sua forza, Ond'ei piegò, come nave in fortuna, Vinta dell' onde, or da POGGIA, or da ORZA. » Mais ni POGE ni OURCE ne sont dans le dictionnaire de Littré. Pourriez-vous me renseigner sur ces deux mots oubliés par le célèbre lexicographe?

Je le puis, grâce à ce que je trouve dans le Glossaire nautique d'Alphonse Jal.

Figurez-vous un navire qui passe devant vos yeux de droite à gauche, et dont le mât d'artimon (celui qui est le plus près de l'arrière), porte une vergue placée dans le sens dudit navire et dont une extrémité s'incline vers l'avant.

Pour maintenir cette vergue dans la direction voulue, on a fixé à son extrémité inférieure deux cordages, l'un placé de votre côté, c'est-à-dire à gauche du navire, et l'autre, tout semblable, qui est du côté opposé, c'està-dire à sa droite.

fût enregistré dans nos dictionnaires modernes, même dans le plus complet de tous, celui de M. Littré.

Quant à orse, qui s'est perpétué, et cela, en quelque sorte en partie double (car après la suppression de poge, il y eut deux orses, l'une de droite, l'autre de gauche), c'est lui qui, par corruption, a donné ourse, forme employée dans Guillet (1683), et aussi hource, orthographe doublement vicieuse dont l'introduction est due à Desroches (1687).

J'espère que les renseignements qui précèdent suffiront pour vous édifier complétement sur le sens des mots dont il s'agit.

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Les expressions faire gille et emporter le chat, dont je parlais dernièrement, ne sont pas les seules phrases que la langue française ait employées depuis le XVIe siècle pour signifier s'enfuir, se sauver, s'en aller sans prévenir personne; elle a dit encore 1° Fendre le vent:

Pour moy, sij'eusse esté sur la mer de Levant Où le vieux Louchaly fendit si bien le vent. (Régnier, Satyre, X.) Rien ne sembloit plus sûr qu'un si proche hyménée, Et, parmi ces apprêts, la nuit d'auparavant, Vous sûtes faire gille, et fendites le vent. (Corneille, Suite du Menteur, 1, 1.)

2o Faire un pertuis en l'air : Le Maltrois de l'autre costé, faisant un pertuis en l'air, se rend invisible. (Ch. Rozan, Petites Ignorances.)

3o Faire un pertuis en l'eau :

Pour faire court, ayant, ces deux amants, comploté de faire un pertuis en l'eau et prendre la route d'Angleterre, se séparèrent.

(Vieux conteurs franç, p. 617.)

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4° Faire un trou dans ou à la nuit :

Elle a emprunté plus de sept cent mille livres à plusieurs particuliers, et, après, elle a fait un trou à la nuit.

(Gui Patin, Letlr., t. III, p. 252.)

Je me délibérai de faire un coup de ma main qui me payât de mes gages, et de faire un trou à la nuit, comme dit le proverbe. (Francion, liv. II, p. 63.)

Ce sont des vagabonds qui ne vont deçà et delà que pour apporter du scandale, et, quand on les pense tenir, ils ne manquent pas de faire un trou à la nuit.

(Sainte-Beuve, Rev. des Deux-Mondes, 1848, t. XVIII, p. 24.)

5° Enfin, faire un trou à la lune :

Monsieur laissait faire son fils en jeune homme qui, avec d'autres jeunes têtes, se proposait de faire un trou à la lune, tantôt pour l'Espagne, tantôt pour l'Angleterre. (Saint-Simon, 91, 203.)

On s'explique facilement fendre le vent et faire un pertuis (un trou) en l'air; l'origine de faire un pertuis dans l'eau est probablement une allusion à la fuite audelà d'une rivière au moyen d'un bac, et faire un trou à la nuit est une expression qui semble pour ainsi dire toute naturelle pour signifier qu'un homme s'est évadé pendant la nuit. Mais comment rendre compte de faire un trou à la lune ?

Voici ce que je trouve à ce sujet dans Quitard:

Autrefois le terme des contrats et des paiements était ordinairement fixé à la lune qui précède et détermine la fête de Pâques, avec laquelle commençait l'année sous la troisième race de nos rois, jusqu'au règne de Charles IX. C'est pourquoi les débiteurs qui ne payaient pas plus à l'échéance de la pleine lune que s'il n'eût pas été pleine lune, ou qui déclinaient cette échéance par une banqueroute, furent supposés faire une brèche ou un trou à la lune; et cette locution figurée fut bientôt dans toutes les bouches, parce qu'elle joignait à la singularité le mérite de rappeler un proverbe des anciens, qui disaient d'un homme ingénieux à chercher des expédients dilatoires, lorsqu'il devait accomplir ses promesses ou acquitter ses dettes: Laconicas lunas causatur, il allègue les lunes lacédémoniennes.

Mais cette explication n'a aucune valeur, comme je vais vous en donner la preuve.

En effet, faire un trou à la lune a un double sens : 1° partir sans rien dire à personne, se dérober, sens primitif qui se trouve dans le dernier des exemples que je viens de citer; et 2° fuir pour frustrer ses créanciers, sens relativement moderne, tiré par ironie du premier, et le seul mentionné dans nos dictionnaires, à l'exception de celui de Richelet, depuis la première édition de l'Académie (1694). Or, attendu qu'au lieu de rendre compte du premier sens, l'âme en quelque sorte du proverbe, Quitard, en cas de succès, n'aurait rendu compte tout au plus que du second, il s'en suit évidemmment que son explication doit être tenue pour nulle, comme portant complétement à faux.

Quant à moi, je suis et demeure bien persuadé qu'on résoudra la question dont il s'agit en montrant de quelle manière faire un trou à la lune en est venu à signifier s'enfuir à la faveur de la nuit, car cette expression a remplacé faire un trou à la nuit, qui avait absolument le même sens; mais j'ai le regret d'avoir à constater que, malgré les nombreuses recherches auxquelles je me

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Mais l'usage ne maintint pas intacte cette prononciation; dès le xve siècle, il avait commencé à substituer si à se devant une consonne :

Si vous plait, vous nous direz quelle chose ceux de la Calongne ont dit ni fait envers vous.

(Froissart, II, III, 34.) Si leurs forces de terre sont grandes, celles de mer ne le sont moins. (Lanoue, 406.)

Au xvii, la même substitution était accomplie aussi devant les mots commençant par une voyelle, excepté toutefois devant il, où elle eût occasionné un hiatus trop fréquent pour être tolérable.

S'il est donc mis, non pour si il, comme le disent les grammairiens, mais bien pour se il.

ÉTRANGER

Première Question.

Je désirerais bien savoir depuis quand on ne se sert plus en français des noms de nombre SEPTANTE, OCTANTE et NONANTE. Pourriez-vous me le faire savoir dans un prochain numéro ?

Bien que le nombre dix soit généralement la base du système de numération chez les nations de la famille indo-européenne, les Gaulois paraissent avoir préféré vingt pour base du leur; et, comme ils durent perdre

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