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L'Académie croit devoir rappeler qu'elle n'a jamais entendu adopter que les conclusions des Rapports qui lui ont élé soumis, et qu'à l'avenir elle maintiendra ce principe.

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L'ACADEMLER IMPERIALE

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CORRESPONDANCE OFFICIELLE. M. le ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics transmet à l'Académie :

I. Le compte rendu des maladies épidémiques qui ont régné dans le département du Nord en 1855. (Commission des épidémies.)

II. Les tableaux des vaccinations qui ont été opérées en 1855 dans les départements de la Corse et de Vaucluse. (Commission de vaccine.)

CORRESPONDANCE MANUSCRITE. I. Cas remarquable de maladie mentale ; observation recueillie au dépôt provisoire d'aliénés de l'Hôtel-Dieu de Troyes, par M. le docteur BÉDOR père. (Commissaire: M. Baillarger.)

II. Rapport fait au comité d'hygiène de Napoléon--Vendée, sur la pratique de la vaccine pendant l'année 1855, par M. le docteur MERLAND. (Commission de vaccine.)

III. MM. CAPRON et CHARRIÈRE écrivent chacun une lettre à l'Académie au sujet de la présentation d'un bistouri à châsse tournante, faite dans une des dernières séances. (Renvoyées à M. Velpeau.)

IV. Nouvelle lettre de M. COLIN (d'Alfort), au sujet de la dernière note lue par M. Bouley, sur la ligature de l'esophage. (Renvoyé à la commission.)

V. Note de M. le docteur Pons, intitulée : Physiologie médicale, etc. (Commissaire : M. Isidore Bourdon.)

VI. Nouvelle lettre de M. le docteur Marie au sujet de la lecture de M. Broca, sur le traitement du bubon. (Commission nommée. M. Ricord, rapporteur.)

VII. M. le docteur VALLEZ, de Bruxelles, prie l'Académie de vouloir bien le comprendre au nombre des candidats à la place de correspondant. (Réservé pour la future commission.)

M. LARREY présente au nom de M. PAMBRUN, qui en fait hommage à l'Académie, un ouvrage intitulé : Manuel du baigneur à Bagnères-de-Bigorre.

LECTURES.
Recherches sur une affection convulsive épileptiforme , consé-

cutive à certaines lésions de la moelle épinière, par M. le
docteur BROWN-SÉQUARD.

(Extrait par l'auteur.) La Note que j'ai l'honneur de lire à l'Académie a pour objet de signaler quelques faits nouveaux relatifs à une affection convulsive épileptiforme qui semble être le résultat constant de certaines lésions de la moelle épinière.

Dans plusieurs publications que j'ai déjà faites à ce sujet, j'ai signalé ce fait singulier, qu'après une section transversale d'une moitié latérale de la moelle épinière, un peu au-dessus de l'origine des nerfs des membres abdominaux, une affec

tion convulsive survient au bout de quelques semaines, el que l'on peut produire à volonté les accès de convulsions en irrilant certaines parties de la face. J'ai constaté que si la lésion de la moelle épinière a lieu à droite, c'est à droite seulement que la face a la faculté de causer des convulsions, el que si c'est à gauche que l'organe médullaire a été lésé, c'est à gauche seulement que la face possède cette singulière faculté. En outre, j'ai trouvé que si les deux moitiés latérales de la moelle épinière ont été lésées profondément, les deux moitiés de la face ont la puissance de causer des accès quand on les irrite.

Quelles sont les limites précises des parties qui ont la faculté de provoquer des convulsions ? Ces limites sont plus élebdues que je ne l'avais cru d'aborii. En outre de certaines parties de la face, une portion de la peau du col semble aussi posséder cette faculté. Des trois branches du nerf trijumeau il en est une, l'ophthalmique, dont les ramifications cutanées ne paraissent pas avoir celle faculté. Des deux autres branches, quelques filets seulement la possèdent, et parmi ces derniers ceux qui surtout semblent avoir cette faculté, sont quelques parties du nerf sous-orbitaire et de l'auriculo-temporal. Quelques fibres du second nerf cervical et peut-être du troisième, possèdent aussi cette faculté. A la face, on peut irriter la paupière supérieure, les narines, les lèvres, les oreilles et la peau du front, sans produire d'attaque; au col on obtient aussi le même résultat négatif en irritant les parties voisines de la ligne médiane soit en avant, soit en arrière. Il en est de même quand on irrite une partie quelconque de la peau du tronc ou des membres, mais on provoque presque toujours un accès lorsqu'on irrite une zone de peau limitée en haut par l'oreille et la ligne qui s'étend de cet organe à l'ail, en avant par une ligne partant de l'ail et tombant perpendiculairement sur l'os maxillaire inférieur, en bas par le rebord de cet os et enfin en arrière par une ligne demi-circulaire s'étendant de l'os maxillaire inférieur à l'oreille.

Peut-on attribuer à un excès de sensibilité qui existerait normalement dans cette zone de peau, la faculté qu'elle possède seule de causer des convulsions quand on l'irrite ? Il ne semble pas en être ainsi. En effet, quand on u'a coupé qu'une moitié latérale de la moelle épinière, la peau de la face et du col du coté correspondant a seule la faculté de causer des accès. Les mêmes parties de l'autre côté peuvent être irritées très violemment de manière à causer les plus vives douleurs, sans que des convulsions aient lieu. Il semble donc que ce n'est pas la couleur qui cause les accès. On arrive à la même conclusion lorsqu'on voit que les irritations les plus vives, sur des parties du corps qui sont dans un état d'hyperesthésie très prononcé, n'occasionnent pas de convulsions. On sait que j'ai trouvé que, chez les avimaux ayant eu une moitié latérale de la moelle épinière coupée en travers, le membre postérieur du côté correspondant est dans un état d'hyperesthésie très notable au lieu d'avoir perdu sa sensibilité, comme cela aurait eu lieu si les idées qu'on se faisait depuis Galien sur la voie de propagation des impressions sensitives dans la moelle épinière avaient été exactes. Eh bien! ce membre hyperesthésie peut être irrité de la manière la plus violente, soit mécaniquement, soit par le galvanisme, soit par la chaleur, sans que des convulsions surviennent. Il semble donc, je le répète, que ce ne soit pas par suite de la violence de la douleur qu'on cause des convulsions, en irritant la zone de peau de la face et du col dont j'ai indiqué les limites.

Des faits que je vais rapporter semblent montrer qu'il faut faire entrer ces convulsions dans l'ordre des phénomènes réflexes. On sait que la peau et les muqueuses ont la faculté de produire certains mouvements réflexes que les troncs de perfs de ces parties ne peuvent pas provoquer ou de provoquent que très rarement. Ainsi, par exemple, la loux est produite aisément par l'irritation de la muqueuse des voies respiratoires, et elle ne l'est que très rarement par l'irritation des nerfs vagues. Il semble en elre de même pour les accès convulsifs, qu'on produit en irritant la peau de la face sur les animaux qui ont eu la moelle épinière lésée profondémeni.

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