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desiana (Paris, 1643, in-4.). Ce même sys- que pour le comparer à celui qu'on attritème, il faut le reconnaitre, se rapproche bue presque généralement au libraire beaucoup de celui que Claude Clément, Gabriel Martin, et pour se convaincre du jésuite, né en Franche-Comté, a exposé peu de rapport que ces deux systèmes ont dans un livre imprimé à Lyon, en 1633, entre eux (12). Le second, celui que nous in-4. (8), et qui donne pour principales croyons devoir appeler, et que nous nomdivisions : Théologie, Droit, Philosophie, merons désormais Système des libraires Mathématiques, Physiologie, Médecine, de Paris, est réellement dû au savant Histoire sacrée, Histoire profane, Poly- Prosper Marchand, connu surtout par son graphes, Orateurs et Rhéteurs, Poëtes, Histoire de l'imprimerie et son DictionGrammairiens, etc. Ces classes, dont on naire historique, et non pas à Martin. n'a guère fait dans la suite que transpor- Prosper Marchand le mit en pratique, ter les sections d'une place à l'autre, en pour la première fois, en 1706, dans la en multipliant les subdivisions, se retrou- Bibliotheca bigotiana, vol. in-12, dont le vent dans presque tous les systèmes dont titre porte les noms des libraires Boudot, il nous reste à parler; et d'abord dans Osmont et Gabriel Martin. L'année suicelui qu'a suivi le savant Ismaël Bouil- vante, le même système, légèrement liaud, lorsque, vers le milieu du xvile siè- modifié dans l'ordre et le nombre des cle, il fut chargé de classer, par ordre de divisions secondaires, servit encore à la matieres, le Catalogue de la bibliothèque disposition de la Bibliotheca Johannis de la famille des De Thou, que les frères Giraud, catalogue rédigé par Marchand, Da Puys avaient déjà rangé par ordre al- pour le libraire Robustel, à Paris, ainsi phabétique. Ce catalogue, publié seule- qu'il le dit formellement dans la préface ment en 1679, sous le titre de Bibliotheca

de son Catalogue de Faultrier, publié en thuana, par Joseph Quenel, était sans 1709, et comme Martin lui-même l'a recontredit le meilleur qui eût paru jus- connu en plusieurs occasions (13). Cequ'alors. L'ordre qu'il présente (9) est, à pendant Marchand, peu satisfait du noubien peu de chose près, celui qui a été vel ordre qu'il venait d'introduire, en suivi depuis à la Bibliothèque royale de classant les livres en cinq grandes secParis.

tions, savoir : Théologie, Jurisprudence, Quoique le système de la Bibliothèque Philosophie (autrement, sciences et arts), des Jésuites du collége de Clermont, par Belles-Lettres et Histoire, à peu près le Pere Jean Garnier, ait été mis au jour comme nous le faisons nous-même dans en 1678 (10), c'est-à-dire un peu avant la table ci-jointe; Marchand, disons-nous, celui de la Bibliotheca thuana, il est réel- imagina bientôt un autre système, dans lement moins ancien que ce dernier, et lequel il refondit les cinq classes du prelui est fort inférieur, selon nous (11): il mier en trois grandes sections, sous les mérite toutefois d'être étudié, ne fût-ce dénominations suivantes : 1. Philoso

phic ou Science humaine, comprenant *) Vusei sire bibliothecæ tam privatæ quam pu

la Grammaire, la Logique, la Poétique, blica estructio, instructio, etc.

et ce que l'on a depuis désigné sous le (9) La Théologie et la jurisprudence y sont suivies de PHistoire, terminée par les traités généraux de

titre général de Sciences et Arts. (La JuPolitique. La Philosophie, accompagnée des Mathé

risprudence s'y trouve placée entre l'ÉLatiques, qui comprennent la Musique, l'Astronomie, etc., forme, avec les Arts, la Médecine et l'His

conomie et la Politique.) 2. Théologie, ou toire naturelle, une seconde partie, à laquelle suc- Science divine. 3. Histoire, ou Science cident les Belles-Lettres (Litteræ humaniores). 10 Systema bibliothecæ collegii parisiensis So

des événements. Ces trois classes sont detatis Jesu. Parisiis, excudebat Sebast. Mabre- précédées de la Bibliographie, qui leur Camis, 1678, in-4. 11) Il est divisé en cinq grandes classes : 1. Theo

sert d'introduction. On y retrouve une logia; 2 Philosophia (cette classe comprend les grande partie des subdivisions des deux Littere humaniores, mais non pas l'Histoire naturelle : 3. Historia, dont un chapitre, le 26€, ren

précédents catalogues, subdivisions où ferme l'Histoire naturelle, et un autre, le 27°, ce que Le P. Garojer nomme Historia artificialis, où se (12) Plusieurs bibliographes ont avancé que le troprent placées les fictions en vers et en prose, et système du P. Garnier avait servi de base à celui de De les tragédies et les comédies qui ont un but Martin. moral: 1. Eunomia, sive Jurisprudentia; 5. Hete- (13) Catalogue de Barré, no 6469, et Catal. de Belo Todita,

langer, n° 3451.

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figurent plus d'un emprunt fait aux sys- décesseurs, mais il se tait sur les obligatèmes de Clément, de Boulliaud et de tions particulières qu'il avait à Marchand, Garnier. Mais, pour bien apprécier le pre- alors réfugié en Hollande, auquel il demier système de Marchand, le seul auquel vait non-seulement son système presque jusqu'ici se rattache positivement son tout entier, ma encore la plupart des nom dans la mémoire des bibliographes, améliorations de détails qu'on peut reil faut lire la préface latine fort curieuse marquer dans ses catalogues. Toutefois qu'il a mise au commencement du Cata- sachons lui gré d'avoir mis fin à l'espèce logue de Joachim Faultrier, déjà cité. Là, d'anarchie qui existait alors dans le clasaprès avoir développé son plan avec pré- sement de ces sortes d'ouvrages; et surcision, il a donné d'excellents préceptes tout félicitons-le d'avoir fait preuve d'un sur la manière de lever avec exactitude jugement plus sûr que Marchand luiles titres des livres, et de les disposer même, en préférant un système peu scienméthodiquement dans un ordre convena- tifique, à la vérité, mais assez logique, et, ble, en réunissant de suite les différents ce qui est mieux encore, fort clair, à une formats, au lieu de les séparer comme donnée plus philosophique peut-être, mais cela s'était pratiqué presque toujours jus- d'une application beaucoup moins faqu'alors (14). Ces préceptes, dont l'expé- cile (15). Le système que Martin, à quelrience de plus d'un siècle a suffisamment ques exceptions près, a suivi constamdémontré la sagesse, furent tout d'abord ment dans les nombreux catalogues qu'il parfaitement appréciés par Gabriel Mar- a eus à rédiger, depuis 1711 jusqu'à sa tin, homme instruit, d'un esprit judicieux mort, arrivée en 1761, fut également adopté et méthodique; et lorsqu'en 1711 Mar- par Boudot, son émule; par Marie-Jacchand se détermina à quitter la France, ques Barrois, autre savant libraire, à qui pour cause de religion, G. Martin se trouva l'on doit plusieurs bons catalogues; par être l'homme le plus propre à remplacer l'auteur de la Bibliographie instructive; celui-ci dans la rédaction des catalogues enfin par

Guillaume De Bure, décédé en de livres à vendre, objet qui l'avait déjà 1820, et par ses deux fils, morts depuis la occupé lui-même dès l'année 1705. Ce- publication.de notre 4e édition : ces trois pendant ce libraire, ayant à choisir entre derniers ont successivement, et pendant les deux systèmes successivement prati- plus de soixante ans, exercé honorablequés par son prédécesseur, se décida pour ment et avec un succès constant les foncle premier, qu'il jugea d'un usage plus tions de libraires experts-vendeurs. C'est

. commode que le second; et, après y avoir de cette manière que le système des libraiintroduit quelques heureuses modifica- res de Paris, éprouvé par une longue prations, il l'appropria à l'arrangement du tique, reçut en France une sorte de consécatalogue de l'excellente bibliothèque de cration, et fut adopté dans une partie de Bulteau, qu'il publia en 1711, sous le ti- l'Europe. En vain quelques personnes (16) tre de Bibliotheca bultelliana (en 2 vol. essayèrent-elles de le combattre, ou du in-12); et dans la préface duquel il s'ex- moins d'y substituer leurs innovations, prime ainsi, au sujet de la méthode qu'il

toutes ces tentatives malheureuses ne servenait d'adopter : « In libris disponendis virent qu'à en démontrer la supériorité. illum secuti sumus ordinem, qui systemate nostro bibliographico mox expone

(15) Voici le jugement que, dans un spirituel feuiltur, quod si non doctum aut erudite ela- leton consacré à notre Manuel, Ch. Nodier a porté

de la classification bibliographique dont il s'agit : boratum, saltem clarum et perspicuum

« Elle est simple, elle est claire, elle est facile; elle conati sumus efficere, ex iis qui nos in embrasse, sans trop d'efforts, toutes les innombrables hoc labore antecesserunt, quædam, ut

et capricieuses subdivisions qu'il a plu à la fantaisie

humaine d'introduire dans la forme littéraire du livre; censemus, meliora seligentes, quædam et, ce qui me parait de plus grande importance enimmutantes et addentes. » Dans ce pas

core, elle est consacrée par d'excellents catalogues,

devenus classiques dans leur genre. » sage remarquable, Martin parle bien à la

(16) D'abord, en 1760, l'abbé Leclerc de Montlinot,

dans son Essai sur un projet de catalogue de bivérité des emprunts qu'il a faits à ses pré

bliothèque, que l'abbé de Saint-Léger réfuta victo

rieusement; ensuite, en 1776, le libraire Née de La (14) Cependant, dans la Bibliotheca thuana, les Rochelle, fort jeune alors, dans le Catalogue des liformats se trouvaient déjà réunis.

vres de Perrot.

I ne faut pas trop s'étonner que de pour tout le reste, on était complétement simples libraires, mais des libraires réel- en désaccord. Les uns (18) voulaient qu'on lement instruits, aient réussi mieux que suivit la marche des idées, et prenaient des gens de lettres, que des savants de pour base de leurs systèmes Bacon et les profession, à donner du crédit à un sys- encyclopédistes, c'est-à-dire les trois tème bibliographique; car d'un côté, en mots : raison, imagination, mémoire; les le concerant dans son ensemble et dans autres (19) adoptaient la marche des étu ses détails, ces libraires étaient affranchis des

que, comme de raison, ils concevaient des prédilections exclusives que les sa- chacun à leur manière. Celui-là (20) metvants sont naturellement portés à avoir tait en avant ses trois classes favorites : pour ce qui fait l'objet principal de leurs connaissances instrumentales, connaisétudes; et, d'un autre côté, les occasions

sances essentielles, connaissances de confréquentes qu'ils avaient eues de classer

venances. Celui-ci (21) ajoutait aux trois des bibliothèques de tous les genres divisions fondamentales des encyclopéavaient dù leur faire trouver la méthode distes celles des besoins physiques et des la mieux appropriée à l'arrangement d'un besoins moraux, tandis qu'un autre (22) catalogue de quelque étendue. C'était proposait treize classes, en commençant d'ailleurs une chose heureuse pour les par l'agriculture, le plus ancien des arts. personnes qui faisaient usage de ces ca

Cependant, parmi les novateurs se faitalogues et qui en avaient une fois étudié saient remarquer l'abbé Ameilhon, le janle classement, de savoir d'avance à quelle séniste Camus, et le savant Daunou, anplace elles pourraient trouver les ouvra- cien oratorien; tous trois gens de mérite, ges qu'elles désiraient se procurer, et d'è- sans doute, mais trop partisans des idées tre ainsi dispensées de lire d'un bout à dominantes alors pour ne pas leur faire l'autre des volumes quelquefois fort gros. d'amples concessions (23).

Le système des libraires de Paris était à peu près le seul qu'on suivît en France (18) Le professeur Butentschon, à Colmar; M. Galorsque la révolution de 1789 éclata. Les

briel Peignot, alors à Vesoul.

(19) Camus, dans le 1er vol. des Mémoires de orages qui bouleversèrent alors l'ordre l'Institut, classe de littérature et beauc-arts. social tout entier n'épargnèrent pas les

(20) Le citoyen Arsenne Thiebaut, Exposition du

tableau philosophique des connaissances humaines, choses purement littéraires. Tout fut re- Paris, an x, in-8. mis en question, tout, sans excepter l'or

(21) Le P. Laire.

(22) Le citoyen Parent, Essai sur la bibliogradre à suivre dans la rédaction des catalo

phie, 1801, in-8. gues de livres. A cette époque on ne dut

(23) De tous les systèmes bibliographiques auxquels

a donné naissance le désir de faire descendre la Théoètre que médiocrement surpris de voir logie et la Jurisprudence aux derniers rangs, le meil. plus d'un apôtre de la philosophie du

leur, sans aucun doute, est celui de Daunou, tel qu'il

est exposé au commencement du Catalogue de ce saIvte siècle attaquer vivement, au nom vant distingué. C'est aussi celui qui se rapproche le de la raison, un système bibliographique

plus du système des libraires de Paris, système dont,

à bien le considérer, il n'est guère qu'un remaniequi donnait le premier rang aux choses ment. L'ordre des classes y est interverti, et leur divines et le second aux lois. Une réforme

nombre est porté de cinq à sept; mais, à quelques

modifications près, les divisions de chaque classe sont radicale fut donc jugée indispensable par restées les mêmes. Dans le nouvel ordre qu'a suivi les plus zélés, tandis que d'autres, plus

Daunou, après une introduction formée de la Biblio

graphie et de l'Histoire littéraire, viennent : 1° les modérés ou plus timides, se bornaient à Belles-Lettres, composées des Grammairiens, des demander qu'on se hâtåt d'effacer de ce

Rhéteurs, des Poëtes, des Critiques et des Mélanges

littéraires; 2o l'Histoire, précédée de la Géographie systeme toutes les traces de notre ancien et de la Chronologie, et terminée par des Sappléments esclarage (17). Alors surgirent, presque

ou Paralipomènes historiques ; 30 les Sciences, con

tenant la Philosophie proprement dite, avec la Métasimultanément, un certain nombre de physique, la Logique, la Morale, la Politique, la Douveaux systèmes dans lesquels on s'ac

Science sociale, l'Economie politique, enfin la Physi

que, les Mathématiques et l'Histoire naturelle; 4° les cordait assez bien, à la vérité, soit pour Arts, où sont compris l'Agriculture, les Arts mécanideplacer la Théologie, soit pour la faire

ques, les Arts du dessin et la Musique ; 5o la Méde

cine; 6o la Jurisprudence; 7o la Théologie : le tout entierement disparaître en la confisquant terminé par les Collections encyclopédiques. Le seul au profit de la Métaphysique, mais où,

mérite que l'auteur prétendit attribuer à cette disposition, c'était, disait-il, d'être celle qui a régné dans les

études durant les siècles où l'on a fait le plus de livres. 17) Lattre de B. à Daunou , du 20 nivóse an ix, « En effet, on commençait par la grammaire, on pourdans le Bulletin du Bibliophile, be série, p. 75. suivait un cours de littérature qu'accompagnaient

En enlevant à la Théologie le rang dont c'est au nom du progrès, au nom de ce elle était en possession depuis tant d'an- qu'on appelle la marche de l'esprit hunées dans nos bibliothèques, on pensait main, qu'on les condamne. Le vieux sysque rien n'était si facile que de l'y rem- tème, dit-on, est complétement en désacplacer; pourtant sur ce point, comme sur cord avec les idées nouvelles, avec le dévebeaucoup d'autres, il fut impossible de loppement des sciences; on le déclare tout s'entendre. La Philosophie, les Belles- à fait inadmissible. Mais heureusement Lettres et l'Histoire, voire même l'humble cet arrèt n'est pas sans appel, car enfin, Bibliographie, furent tour à tour, et inu- nous le demandons, qu'y a-t-il donc de tilement proposées. Ainsi, non-seulement changé dans la nature des choses? La Fhiaucun système ne prévalut, mais même losophie n'est-elle pas toujours la philoaucun ne put réunir en sa faveur un cer- sophie, quel que soit le point de vue sous tain nombre de suffrages. En sorte qu'a- lequel on l'envisage; l'Histoire ne resteprès d'inutiles efforts, il fallut en revenir t-elle pas toujours l'histoire, soit que, au système des libraires, que chacun re- comme le veulent les encyclopédistes, gardait d'ailleurs comme le meilleur après elle appartienne à la Mémoire, soit que, le sien. Cependant les anciennes tradi- dans le système de M. Ampère, on la tions de Martin, auxquelles, malgré les classe dans la Noologie, soit enfin qu'elle attaques multipliées des novateurs, pres- dépende de la Science sociale, comme le que tous les catalographes français sont prétend M. Merlin? A la vérité, les scienrestés fidèles, trouvent aujourd'hui de ces proprement dites ont beaucoup agrannouveaux ennemis à combattre. Cette fois

di leur domaine depuis quelques années; quelques leçons de géographie et d'histoire; un cours

Poésie, en sorte que, dans son Catalogue, publié d'ade philosophie terminait l'enseignement général,

près son système, les Epistolaires et les Romans préaprès lequel on se livrait à l'étude spéciale ou de la cèdent les Poëtes. Quoique, au premier aperçu, cette médecine ou du droit, ou de la théologie, selon la manière de procéder paraisse assez logique, nous ne profession à laquelle on avait été destiné. » Cette dis

saurions l’adinettre, et voici pourquoi : la versificairibution serait assez naturelle, peut-être, si nos bi

tion n'est certainement pas le seul caractère distinctif bliothèques ne se composaient que de livres élémen

de la poésie, genre auquel, selon nous, appartient de taires destinés à un cours d'étude universitaire du droit toute fiction où domine l'action d'une imaginapremier degré; mais il en est autrement, car chaque tion riche et brillante. Pour le prouver, il nous seclasse considérée dans loutes ses branches, dans tous rait facile de citer plusieurs ouvrages en prose qui ses degrés, comme dans notre Catalogue, forme un renferment plus de véritable poésie, en quelques paensemble trop vaste, demande des études trop di

ges, que tel gros recueil de vers qu'on est convenu verses, trop étendues, pour qu'on puisse la consi.

d'appeler poëme : ne sait-on pas, d'ailleurs, que la dérer simplement comme un des degrés à franchir

plupart de nos anciens romans de chevalerie sont de pour arriver à une des trois grandes professions aux

simples traductions en prose d'ouvrages écrits en vers quelles, selon Daunou, tout vient se résumer, ou à

français, dans le XIIe et le Xijio siècle ? Ce n'est donc toute autre profession savante. Par exemple, la cul

pas sans motif que nous avons conservé à la suite de ture des Belles-Lettres étendue à toutes les divisions

la Poésie proprement dite les Fictions en prose qui en et subdivisions du système de ce savant, divisions

sont une dépendance naturelle. Dans un autre sysqui, à quelque chose près, sont aussi les nôtres, la

tème assez récent, où l'on a suivi, à l'égard des ouculture des lettres ainsi comprise, disons-nous, est vrages en vers, le classement de Daunou, se trouvent tout autre chose que ne le sont, et ne le doivent être

réunis, sous le titre général de Composition, des oules études préparatoires qui se font dans nos colléges.

vrages de différents genres, auxquels, sans nul doute, On peut même ajouter que les Belles-Lettres sont la

convient cette dénomination; mais le libraire ingéprincipale base de deux professions spéciales, savoir :

nieux qui a eu l'idée de ce classement semble avoir celle d'homme de lettres, et celle de l'enseignement

oublié que des ouvrages comme l'Esprit des lois, des langues savantes. Ainsi, en admettant que cette

comme i'Emile, le Discours sur l'histoire univerclasse eût les mêmes titres que toute autre classe

selle, ou comme le Génie du Christianisme, sont pour occuper le premier rang dans une bibliothèque aussi des Compositions, quoiqu'ils ne se placent pas où la Théologie serait reléguée à un des derniers, il dans la classe des Belles-Lettres, où néanmoins ils est certain que ce rang ne saurait lui appartenir de

figureraient un peu mieux que tel pamphlet odieux Uroit absolu. Autre observation : de ce que, dans les

ei mal écrit, ou que telle ignoble facétie qu'on est colléges, quelques leçons de géographie et d'his

bien obligé d'y conserver : ce qui prouve évidemment, toire accompagnaient le cours de belles-lettres,

à notre avis, que la dénomination de Composition s'ensuit-il, de toute nécessité, que l'Histoire, avec le

est beaucoup trop vague pour devenir le titre spécial cortege obligé qui l'accompagne, doive être placée de l'une des sections des Belles-Lettres. Aussi celte entre les Belles-ieltres et les Sciences ? Ce qui pour- dénomination vient-elle d'être abandonnée par celui rait etre bien plus naturel, ce serait de placer la Mé- qui l'avait introduite et par son trop fidèle disciple. decine immédiatement après la Physique, la Chinie Quoique le Télémaque soit bien une composition et l'Histoire naturelle; et cependant Daunou en a purement littéraire, des esprits assez subtils pour formé une classe tout à fait séparée des autres.

prendre souvent, dans les choses, l'exception pour la En classant les Belles-Letties, ce savant professeur

règle, ont jugé convenable de placer ce roman poéa eu soin de bien distinguer les traités théoriques des tique dans la section des Traités sur l'éducation des ouvrages qui sont la base, ou, si on l'aime mieux, le

princes, sous prétexte qu'il a été coinposé pour l'insrésultat de ces théories; sur ce point, nous sommes iruction morale du duc de Bourgogne. En cela nous d'accord avec lui; mais il a place de suite les Compo- n'avons été nullement tenté de les imiter, sitions littéraires en prose, avant de s'occuper de la

elles se sont enrichies de nouvelles ap- prochements et quelques idées justes plications bien importantes; des procédés qu’on ferait peut-être bien de lui emdéjà connus, jusqu'ici restés à l'état d'es- prunter. sai, ont été perfectionnés et mis en pra- Les auteurs des différents systèmes tique ; mais rien de cela ne constitue une bibliographiques qui ont paru depuis science entièrement nouvelle, une science soixante-dix ans ne se sont pas assez péqu'on ne puisse, au moyen de quelques nétrés de la différence sensible qui doit subdivisions, parvenir à introduire dans exister entre le classement des idées et le système des libraires, aussi bien que celui des livres; et après avoir adopté dans tout autre qu'il plairait de lui subs- arbitrairement un nombre de classes tituer.

principales trop insuffisant pour que Parmi les promoteurs du progrès, dont tous les livres puissent y être convenales noms peuvent avoir le plus d'influence, blement placés, ils se sont vus condamnous trouvons au premier rang André- nés aux rapprochements les plus incohéMarie Ampère, savant illustre, qui, en rents, aux amalgames les plus bizarres 1834, nous a donné une Exposition na- Un moyen certain d'éviter ces inconvéturelle de toutes les connaissances hu- nients, ce serait de renoncer à ces enmaines, applicable, selon lui, à l'arran- chainements encyclopédiques, si sédui. gement d'une grande bibliothèque (24); sants au premier aperçu, mais dont la là sont exposés des tableaux synoptiques pratique fait reconnaître tout le vide; des sciences et des arts, divisés en deux car enfin, dans le classement des livres, règnes, savoir : Sciences cosmologiques c'est bien moins l'enchaînement naturel, et Sciences noologiques; chaque règne y ou soi-disant naturel, des sciences qu'il a ses sous-régnes, chaque sous-règne ses faut considérer, que le rapport réel embranchements, et chaque embranche- qu'elles conservent entre elles dans l'ument ses sous-embranchements; ce qui sage que l'on en fait, soit dans les grandonne à chaque règne quatre-vingt-qua- des et savantes professions auxquelles tre divisions particulières, en partie do- elles s'appliquent, soit dans la pratique tées de noms grecs tout à fait respecta- de la vie. bles. Ce système, beaucoup trop symétri- Nous nous en tiendrons donc encore que pour être naturel et rigoureusement cette fois au système des libraires de vrai, est tout différent de celui de Bacon; Paris. Après l'avoir adopté par déférence mais il est permis de douter qu'il ait au- dans la première édition de notre Table tant de durée que ce dernier.

méthodique, nous le conservons aujourSans doute, nous nous inclinons res- d'hui par conviction; non pas seulement pectueusement devant les savantes et in- parce qu'il est plus généralement connu génieuses conceptions de M. Ampère, de que tous les autres, ce qui serait déjà même que nous rendons hommage aux vel- d'un immense avantage à nos yeux, léités philosophiques et aux subtilités méta- mais surtout parce qu'il s'adapte avec faphysiques d'un autre système récemment cilité à la nature. des livres que renfermis au jour par un homme d'esprit qui ment le plus ordinairement les bibliothènous a donné plusieurs excellents Catalo- ques grandes ou petites (25). Ce n'est gues, et qui, nous n'en doutons pas, pour- pourtant pas que nous regardions ce sysrait, à bon droit, prétendre à des succès plus élevés; mais il ne nous est nullement (25) Ce système peut aussi bien s'adapter à un Cadémontré que ces messieurs aient mieux

binet composé de quelques milliers de volumes qu'à

une Bibliothèque considérable; seulement, dans le vu que leurs prédécesseurs, quoique le premier cas, il faut s'en tenir aux grandes divisions premier ait possédé beaucoup mieux

et aux principales sections; tandis qu'au contraire, si

l'on a à classer un grand nombre d'ouvrages sur la qu'eux le langage philosophique, et que même matière, on peut, selon le besoin qui s'en pré. le second offre dans plusieurs des sous

senterait, établir de nouvelles sous-divisions, appro

priées aux spécialités qu'elles devraient renfermer. divisions de son système d'heureux rap- Lorsqu'il s'agit d'un Catalogue de livres à vendre, qui

n'excède pas un millier d'articles, et qui n'a rien de

trop spécial, on ferait bien, peut-être, de s'en tenir à (a) La seconde partie de l'Exposition de M. Am- quelques divisions principales , sous lesquelles les arpere, quoiqu'elle fût imprimée depuis longtemps, n'a

ticles, au lieu d'être disposés par ordre chronologiperu qu'en octobre 1843.

que, seraient rangés selon l'ordre alphabétique du

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