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AVANT-PROPOS

Lorsque je publiais il y a un an le premier volume de mon Catalogue annuel, je devais craindre de commencer une entreprise dont la continuation m'imposerait de trèslourdes charges, car je ne pouvais espérer que la vente des exemplaires pût couvrir les frais que m'occasionnerait l'impression de ce travail. Il est bien entendu que je ne veux pas parler des sacrifices de temps qu'exige la rédaction quotidienne d'un pareil livre, laquelle, pour être complète et exacte, ne peut être abandonnée un seul jour pendant tout le cours de l'année.

Je suis heureux de pouvoir annoncer aujourd'hui que ces prévisions ont été trompées en partie et que la continuation de cette utile entreprise est désormais assurée, car elle n'exigera de ma part aucun sacrifice onéreux.

C'est grâce au concours de mes correspondants que ce résultat a été obtenu, et surtout grâce au zèle bienveillant de mes amis d'Allemagne, de Russie, d'Angleterre et d'Amérique qui ont souscrit pour une édition de 2,000 exem

plaires qu'ils ont distribuée et répandue gratis parmi leur clientèle. Le même concours m'est assuré pour la suite de ma publication, ce qui me permet de dire que la Librairie française a désormais acquis un organe de publicité qui lui faisait défaut jusqu'ici.

La première année, il faut bien l'avouer, n'a pas obtenu autant de faveur en France qu'à l'étranger. Je crois que la cause doit en être attribuée au genre inusité et tout à fait nouveau de ma publication. Jusqu'ici tout travail bibliographique fait en France avait été ou entièrement scientifique ou d'une nature tout à fait commerciale, et comme on ne pouvait placer mon Catalogue dans la première catégorie, on n'y voulait voir qu'une publication faite dans l'intérêt de ma maison, et l'on se refusait à croire que le seul motif qui avait inspiré mon travail était l'intérêt général de la Librairie française. En jetant un rapide coup d'œil sur mon Catalogue, il était facile de voir cependant par l'indication des éditeurs et des prix exacts de publication l'absence de toute idée d'avantage personnel.

Peut-être aussi la vente limitée de mon Catalogue en France a-t-elle eu pour cause une appréciation incomplète qu'en a faite le principal organe de la Librairie (Bibliographie de la France, du 29 janvier 1859, chronique, page 36), qui le considérait comme un Recueil particulièrement utile aux libraires étrangers, et négligeait de le recommander au même titre à nos confrères de Paris et de la province, qui pourtant plus que tous les autres ont besoin d'être renseignés sur nos nouvelles publications.

Une troisième erreur que je tiens à réfuter est celle qui fait confondre mon Catalogue annuel avec mon Bulletin mensuel, et supposer que le premier n'est que la récapitulation

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du dernier mis en un autre ordre et augmenté d'une Table méthodique. Le Bulletin mensuel est distribué au public chaque mois, en très-grand nombre. Il ne forme qu'une demi-feuille et ne contient pas le tiers des ouvrages annoncés dans le Catalogue; il indique seulement, parmi les nouvelles publications, celles qui intéressent la masse du public et le monde scientifique. Ce petit Recueil s'imprime maintenant au nombre de 6,000 exemplaires, et tout me fait espérer que la distribution en sera encore considérablement augmentée dans le courant de l'année 1860.

Il n'est pas possible de nier qu'une telle publicité gratuite ne soit de quelque influence sur la vente de tous les livres nouveaux, et que la Librairie en général et surtout les éditeurs de Paris ne soient intéressés à protéger des entreprises analogues, dont le seul but est de répandre les livres et de servir efficacement les intérêts de la littérature.

Malgré le succès de la première année du Catalogue, le nouveau volume a été l'objet des soins tout particuliers de mon collaborateur, M. O. Lorenz, et contient plusieurs améliorations très-importantes parmi lesquelles je dois signaler une liste complète de Journaux qui se trouve à la fin du volume, et qui donne non-seulement les titres exacts de ces publications périodiques, mais aussi leurs prix d'abonnement par année, semestre et trimestre pour Paris et les départements, avec l'adresse des Bureaux de rédaction et des notes sur les prix des collections, etc., toutes choses pratiques et éminemment utiles pour la librairie de province, à laquelle on demande journellement des renseignements à ce sujet.

Les Tables méthodiques qui accompagnent mon Cata

logue ont également leur importance, aujourd'hui surtout que la Bibliographie de la France a supprimé de ses Tables, depuis 1857, la partie systématique.

J'espère donc qu'avec le temps, le mérite de mon travail, reconnu jusqu'ici surtout par les libraires étrangers, sera aussi démontré à mes confrères de la province, et que tous reconnaîtront bientôt que cette publication leur est indispensable. La conscience d'avoir pu fonder un organe essentiel à la Librairie sera ma plus douce récompense comme aussi celle de mon collaborateur, qui s'occupe déjà avec ardeur du Catalogue de 1860, dont la prompte mise en vente conservera à notre Recueil la réputation d'exactitude acquise par la publication régulière des deux premières

années.

Paris, le 31 décembre 1859.

C. REINWALD.

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